Gilets jaunes : le retour inattendu sur les ronds-points
Six ans après, un mouvement discret refait surface. Ils sont plus organisés, plus jeunes et plus déterminés.
On les croyait éteints. Ce week-end, plus de 12 000 personnes ont pourtant renfilé leur gilet jaune dans une quarantaine de villes de province. Un signal politique que nul ne peut ignorer.
Contrairement à 2018, le mouvement se veut discipliné. Pas de violences, pas de casse : de simples occupations symboliques de ronds-points, avec cafés, banderoles et discours.
Le carburant reste au cœur des revendications, mais s'y ajoutent désormais le pouvoir d'achat alimentaire et la crise du logement. Une plateforme commune serait en cours d'élaboration.
Une nouvelle génération
À Rennes, Kévin, 26 ans, apprenti électricien : « Mes parents étaient sur les ronds-points en 2018. Aujourd'hui, c'est moi qui n'arrive plus à payer mon loyer. »
Le ministère de l'Intérieur observe la situation « avec attention ». Beauvau craint surtout une jonction avec les mouvements agricoles de septembre.
Les analystes politiques y voient un symptôme d'un ras-le-bol social qui déborde des cadres traditionnels de la contestation.
